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Vous pouvez ici écouter et voir le culte de la semaine de l'Église Protestante Unie de Montpellier & Agglomération préparé par Solange Weiss.  Le déroulement du culte et le texte de la prédication suivent en dessous de la vidéo.

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SALUTATION

Grâce et Paix  de la part de Dieu en Jésus-Christ, grâce et paix à vous, dans vos lieux de confinement car même si vous travaillez au dehors ce temps vous est offert comme un temps de repos pour tous !

Bienvenue pour ce temps de culte où Dieu vient dans chacune de vos maisons et nous réunit ensemble dans son nom qui est comme une maison pour nous tous !

J’ouvrirai ce temps de culte aussi sur les bruits de mon quartier, quartier d’immeubles au bord d’une rivière. Et je vais commencer par les bruits mon quartier tout proche, les applaudissements de 20h

sw170520 5MUSIQUE DES APPLAUDISSEMENTS

Seigneur, tu tapes à la porte de ma vie
Pour m’inviter à sortir de là où je suis enfermé.
Seigneur, tu tapes à la porte de ma vie
Pour me donner l’occasion de laisser entrer un ami.
Seigneur, tu tapes à la porte de ma vie,
Pour m’inviter à passer les frontières dressées,
Et vivre libre.
Seigneur, tu tapes à la porte de ma vie,
A moi maintenant de t’inviter et de t’accueillir dans ma vie.

Amen

(Joël Dahan, p.93  Comme elle est belle)

CHANT : Psaume 47 strophe 1 et 2     

Frappez dans vos mains, vous, tous les humains !
A cris redoublés, peuples assemblés,
Exultez de joie  car voici le Roi.
Redoutable et doux, Dieu veille sur vous ;
Son bras souverain, Sa puissante main
Étend à jamais son règne de paix.

Si Dieu a choisi Israël pour fils,
S’il l’a secouru, S’il l’a maintenu,
C’est pour proclamer par son bien-aimé :
« En moi s’uniront toutes les nations ; il faut maintenant
Que s’ouvre tout grand partout, pour toujours,
Mon règne d’amour! » 

 

PRIERE DE DELIVRANCES : REPENTANCE ET DON DE LA GRACE

un matin après la traversée d’une nuit difficile,
un homme  a reçu ce nom « lutte avec Dieu »,
en même temps que ce nom étrange, il a reçu
une blessure et une bénédiction
et ainsi il a marché avec son Dieu devant ses frères.

Nous prions

SEIGNEUR DIEU cet homme nous ressemble.
SEIGNEUR
Notre DIEU, nous déposons devant toi
Ces peurs que nous cachons pour ne pas affronter la réalité,
Nous déposons
Nos quêtes de reconnaissance qui nous font insupportables auprès des autres,
Nous déposons
Nos fragilités qui sont violences sur les autres,
Nos fuites qui nous entravent les pieds,
Nos silences qui laissent faire
Et nos paroles-conquête, et nos paroles-défaite
Et tout ce qui embrouille
La simplicité de nos rencontres
Et la promesse de l’avenir.
SEIGNEUR ! viens nous délivrer.

Amen

sw170520 VIRGULE MUSICALE : rivière Mosson

Recevons la délivrance de la part de DIEU:

Quand tu dis « nous » Je te dis « tu », dit  DIEU
Je te dis « tu » parce que tu es unique parmi les uniques
L’avenir des autres commence par ton chemin
Le chant du monde par le tien.
Tout ce qui tu as déposé devant moi, dit DIEU
Je le ramasse, je l’embrasse et je te le rends
Par grâce :
Tu porteras tes malheurs sans honte
Et tes bonheurs sans arrogance
Tu agiras d’un cœur libre et attentif
Car
Je mets ma parole à tes pieds
Et ma puissance dans tes faiblesses.
Relève-toi et va ce chemin qui est le tien
Vas-y pour toi-même et les autres.

Délivrés nous chantons notre confiance avec le chant qui va s’afficher à l’écran :

« Je crois et J’espère » (Joël Dahan. Cantiques.fr)

Je crois et j’espère
La grâce d’un Père
Celui qui bénit entre dans ma vie
Crois seulement Crois maintenant
Sois seulement  paisible et vivant
Je crois et j’espère
Jésus comme un frère
un regard d’ami posé sur ma vie
Crois seulement Crois maintenant
Sois seulement  paisible et vivant
Je crois et j’espère
l’Esprit de lumière
une force infinie souffle sur ma vie
Crois seulement Crois maintenant
Sois seulement  paisible et vivant
Je crois et j’espère
une nouvelle terre
un chant des pays unis pour la vie
Crois seulement Crois maintenant
Sois seulement  paisible et vivant

« Célébrations presqu’ordinaires… »

am170520 3Avec l'évangile de Marc 14,22-25 

Photo Agnès Morin

 

Apocalypse 3,20 : invitation

Dans un livre qui s’adresse à des églises dans un temps de résistance, un livre où le langage symbolique veut booster l’endurance et l’espérance des chrétiens, on lit cette parole de celui qui vient de Dieu, une parole pour nous-mêmes aujourd’hui et qui dit:

« Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je dînerai avec lui et lui avec moi » (Apocalypse 3,20).

C’est une phrase qui lors de nos cultes nous invite au repas du Seigneur, à la « Sainte Cène ».

Aujourd’hui, c’est une bonne nouvelle que cette visite chez nous, dans ce temps de confinement qui ne se termine que progressivement, ce temps où nos lieux de cultes ne sont pas encore ouverts pour des célébrations.

Si nous voulons (tout simplement) saisir l’occasion de cette rencontre,  je nous invite à la prière :

SEIGNEUR tu nous appelles à être serviteurs de ta parole non par la lettre qui tue mais par l‘esprit qui fait vivre (2 Corinthiens 3,6)

Alors maintenant, nous te le demandons, parce que nous en avons besoin : éclaire-nos intelligences et nos cœurs, pour qu’à travers la lettre du texte on découvre le souffle de ta parole.

Amen

Avant propos de lecture

L’apôtre Paul dans une lettre, puis trois évangélistes racontent des variantes du dernier repas de Jésus avec ses disciples la veille de sa mort, pendant la fête juive de la Pâque. Le quatrième évangéliste transmet une toute autre version des gestes et paroles de Jésus à cette occasion.

Tous ces textes sont porteurs d’usages différents dans des premières communautés chrétiennes différentes.

Ce qui est plutôt signe de vitalité et une belle appropriation de ce qui fut un jour, des paroles reçues de Jésus.

Je vais prendre comme base pour la méditation   l’événement de ce dernier repas dans la version du premier évangile écrit, celui de Marc (écrit vers l’an 65-70).  au chapitre 14 les versets 22 à 25.

Marc 14,22-25

22  Pendant qu'ils mangeaient, il prit du pain ; après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit et le leur donna en disant : Prenez ; c'est mon corps. 
23  Il prit ensuite une coupe ; après avoir rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. 
24  Il leur dit alors : C'est mon sang de l'alliance, qui est répandu pour une multitude. 
25  Amen, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu.

Virgule musicale/ chant des oiseaux d’à côté le matin

sw170520 2Prédication

Une invitation : quand Dieu saisit une occasion pour faire célébration

Ce récit du dernier repas de Jésus est finalement assez bref. Mais c’est un ultra-concentré d’images, de métaphores.

En temps de confinement, ce récit a aussi résonné pour moi un peu différemment que lorsque nous nous retrouvons ensemble dans un même lieu de culte.

D’abord en ce temps où nous avons eu l’obligation de rester chez nous, à travers la phrase du livre de l’Apocalypse nous recevons une invitation à recevoir, à vivre une communion dans la simplicité de nos quotidiens : « Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je dînerai avec lui et lui avec moi » (Apocalypse 3,20).

Nous ne sommes pas à l’initiative de cette rencontre avec celui qui vient de Dieu, pour nous, le Christ. J’entends aussi que notre « chez nous » peut être temple sans aucun problème, c’est-à-dire espace de rencontre avec Dieu, ou plutôt espace où Dieu nous rencontre… mais il nous manque les autres dans cette rencontre, ces autres qui sont présents mais pas à nos côtés.

Cependant, même lors de nos cultes, il reste toujours une part d’absents, ce qui nous fait réfléchir à ce qu’on appelle « la communion des saints ».

Dieu ne se réserve donc pas un lieu particulier, mais Il s’invite dans tous les lieux et SURTOUT à toute occasion. Car en fait, c’est l’occasion qui crée le lieu, qui crée l’événement. Simplicité sans mondanité. Ce qui ne veut pas dire banalité.

Car ce qui devient banal risque de devenir insignifiant et c’est tout le contraire que nous raconte le dernier repas de Jésus mais aussi TOUS les repas de Jésus dans les évangiles.

Car chaque fois ce fut l’occasion d’une parole de Jésus qui a créé un sens nouveau pour vivre notre relation à Dieu, ou qui a libéré une identité nouvelle ou enfouie… chez Marthe et Marie, dans la maison de Zachée, chez Simon le Pharisien ; et même les repas en plein air avec les récits de partage de parole et de pain avec une foule… Mais ça, c’est pas pour des temps de confinement !

  1. Célébration au quotidien avec l’image du pain

Mais si le Christ s’invite, c’est aussi pour porter un autre regard sur les choses simples de la vie, et du quotidien.

Les paroles de Jésus lors de son dernier repas avec ses disciples sont un concentré symbolique.

Jésus dit en prenant le pain : ceci mon corps, mangez. Jésus nous invite donc à le recevoir comme celui qui nourrit et transforme nos jours et nos vies.

Un pain c’est beaucoup de temps de la semence à notre bouche, c’est fruit de la terre et du travail des hommes… C’est aussi l’image du quotidien, du pain quotidien, de ce qui est fait et donné chaque jour pour vivre.

Derrière un seul pain, il y a donc beaucoup de gestes créateurs!

 Je reçois cette parole de Jésus sur le pain comme une invitation à regarder et à vivre autrement les objets fabriqués ou cuisinés de nos quotidiens. Ustensiles et nourriture. J’entends ces paroles de Jésus comme une invitation à célébrer le quotidien, « spiritualiser nos quotidiens » comme dirait mon collègue James Woody, ce qui ne veut pas dire sacraliser l’objet mais le regarder comme le produit d’un geste créateur…même notre ordinateur…

Le rabbin Pauline Bebe dans une de ses réflexions sur le travail, nous invite à ceci : « voir au-delà du produit, qu’il soit un vêtement, un ordinateur ou un fruit, voir les hommes et les femmes qui ont permis qu’il soit entre nos mains, ça redonne du sens au travail et c’est une manière de respecter l’autre comme être humain » [1] et j’ajouterais aussi d’être un peu en communion avec ces autres qu’on ne voit pas.

Donc dans nos quotidiens, à travers nos simples objets ou produits, célébrer le geste créateur et célébrer Dieu comme celui qui rend possible tous ces gestes créateurs, car comme l’a dit Eve Lurbe dans sa prédication, nous ne sommes pas une religion naturiste ou vitaliste. C’est le geste créateur que nous célébrons.

Quand Jésus se donne à vivre dans cette sublime image du pain quotidien, il nous invite à se remémorer tout ce qu’il a donné en paroles et en actes. Dans les évangiles il est beau, et il est bon de se rappeler que souvent quand Jésus a parlé du Royaume ou du Règne de Dieu il en a parlé comme d’un geste, d’un geste pour soulever la vie:  geste d’un semeur, geste d’une femme qui enfouit un levain dans la pâte, geste d’un maître qui embauche, geste d’un roi qui nous invite à un festin…

  1. Célébration de la promesse avec l’image du vin

 … et là/ vient l’image du vin.

Le fruit de la vigne a demandé lui aussi beaucoup de gestes et d’attentions pour arriver à maturation. Mais avec le vin s’ajoute autre chose que le quotidien ; c’est la boisson des jours de fête, des jours de joie et de paix après la traversée de l’épreuve. Il n’est pas pour s’enivrer mais pour se réjouir. Avec d’autres.

Dans la bible, le fruit de la vigne c’est encore le symbole d’une terre promise (Nombres 13,23) qui n’est pas pour demain, mais qui n’est pas un mirage. C’est boire ce que nos yeux ne peuvent pas encore voir, sauf les yeux de la foi ou de la confiance. Boire le vin c’est goûter ce qui vient et que nous ne voyons pas encore mais que nous espérons/ et que nous attendons avec persévérance, pour reprendre les mots  l’apôtre Paul (Rom. 8,24-25).

Il s’agit bien d’être lucides : tout n’est pas « déjà là », il y a du « pas encore » et la marche est longue. Le pain et le vin sont des signes, des béquilles symboliques pour la route, à travers les jours ordinaires et les jours un peu moins ordinaires.

  1. La coupe de l’alliance : le Christ nous met en relation avec Dieu et entre nous

Cependant, dans la bible, le symbole du vin et de la vigne peut être ambivalent, maturation de l’espérance mais parfois aussi de la colère...On le sait : quand la coupe est pleine (selon l’expression), elle ne déborde pas toujours d’amour et de joie !

Et on ne peut pas/ ne pas entendre qu’une fois que les disciples ont tous bu à la coupe de vin, Jésus leur dit : « ceci mon sang de l’alliance répandu pour la multitude ». Je le sais : l’image répugne à certains. Mais ici Jésus ne parle pas de sacrifice morbide même si sa mort prochaine sera atroce.

Jésus dit exactement (selon le texte grec) « mon sang de l’alliance », comme il pourrait dire « c’est ma façon de vous faire vivre cet événement », et il fait allusion à un épisode du peuple hébreu dans sa longue marche au désert avant la terre promise.

A l’époque le sang d’un animal sacrifié était parfois utilisé dans les rituels de culte: Moïse aspergea d’une partie du sang le peuple pour sceller un pacte, une alliance entre le peuple et Dieu : un geste qui solennise une parole d’engagement réciproque, où Dieu avait  fait le premier pas.

L’engagement de Dieu est renouvelé, relu autrement à travers les gestes et paroles de Jésus.

Et même… creusons l’image, ces aller-retours entre sang et  vin (ou fruit de la vigne) dans les paroles de Jésus lors de ce dernier repas. Les disciples boivent le vin, et Jésus  leur dit  que c’est « son sang de l’alliance » et il parle du « vin nouveau » dans le Royaume. Je comprends donc,  que c’est une alliance non par le sang, mais par le fruit de la vigne.

Certes la mort et la rupture sont présentes, mais pas dans la coupe. La vie est dans la coupe.  La mort est présente dans cette parole de Jésus : « jamais plus , : « jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne ». Et ensuite la promesse d’un à-venir inimaginable « je le boirai, nouveau ». Cette coupe dit quelque chose d’inachevé.

Il y a aussi symbolique du geste qui vient d’être accompli : la coupe circule entre les disciples comme le sang circule dans un corps pour la vie. L’alliance est symboliquement signifiée par cette coupe partagée, cette coupe qui circule et qui fait relation entre les disciples et même au-delà d’eux/ à la multitude.

Jésus ouvre l’alliance, Jésus ouvre la relation avec Dieu non seulement au petit groupe des présents mais à une multitude pas encore présente, ni dans le lieu ni dans le temps.

A travers ces paroles de Jésus, je comprends que la coupe devient symbole de la relation avec Dieu ET avec les autres même s’ils ne sont pas là ou pas tous là à côté.  La coupe dit à la fois l’absence et la présence, celle des autres comme celle du Christ, ce Christ invisible et pourtant parmi nous.

Nos lieux de culte peuvent changer, les paroles de Jésus demeurent et nous sont données en partage : le pain pour la route quotidienne, et la coupe qui nous rappelle ce qui n’est pas encore accompli mais qui déjà/ nous fait vivre.

En attendant les pleines retrouvailles…  Amen

sw170520 1PRIERE D’INTERCESSION

Nous prions…

SEIGNEUR (notre Dieu) aujourd’hui comme hier
Le monde entre dans nos maisons
Alors apprends-nous à trouver le chemin de la sortie
Dans le monde.
Apprends-nous le discernement
Dans les informations que nous recevons
Et à chercher celles que nous ne recevons plus
Car le virus a virussé bien des réalités.
Que nos protections ne deviennent pas peur des autres
Et nos angoisses replis sur la mort.
SEIGNEUR Jésus, toi qui as donné
Ta paix et ta présence
A ceux que tu as envoyé
Nous te les demandons fortement pour nous -mêmes 
Pour chanter avec ceux qui annoncent
Pour pleureur avec ceux qui souffrent
Espérer avec ceux qui rêvent
Crier avec ceux qui protestent
Dire oui avec ceux qui construisent
dire non avec ceux qui résistent
Agir avec ceux qui transforment
Nos cœurs se peuplent
De noms, de visages, de projets et de vie
Que nous réunissons devant toi en te disant :

Notre Père qui es aux cieux…
que ton nom soit sanctifié
que ton règne vienne
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour
Pardonne-nous nos offenses  comme nous pardonnons
à ceux qui nous ont offensés.
Ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du mal,
car c'est à toi qu'appartiennent
le règne la puissance et la gloire
aux siècles des siècles

Amen 

ENVOI

Apprenons à reconnaître et recevoir ce qui est déjà là.
Que cette simple parole de l’épître de Jacques inspire nos quotidiens :
« Accueillez avec douceur la parole qui a été plantée en vous et qui peut vous sauver la vie »
(Jacques 1,21)

BENEDICTION

Dans la longueur de son amour
Dieu nous précède et nous attend
Dans la largeur de son amour
Dieu nous accompagne
Dans la profondeur de son amour
Dieu nous garde
Dans la hauteur de son amour
Dieu nous bénit

Amen

Je vous souhaite la meilleure semaine possible !

Solange Weiss, le 15 mai 2020  à la Margelle.
Crédit images: SW, AM (mai 2020)


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