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À cause du silence ou du quasi silence qui est tombé sur la ville, sur nos villes, je pense à Ninive… j’allais dire Dieu en moins, si l'on croit que Dieu, jugeant les comportements voulait sanctionner et condamner Ninive. Car je ne crois pas à la punition divine seulement à l’éveil des consciences par Dieu à travers quelques voix humaines inattendues, comme celle de Jonas dans Ninive.

6lu7Celui qu’on appelle « Dieu » comme puissance de retournement, de résurrection et de sagesse aussi au cœur de chacun.

À Ninive, humains et bêtes se couvrirent du sac de la repentance… ou du renoncement ! Etrange situation ! Ici, les humains seulement renoncent à vivre comme ils vivaient avant, comme nous vivions avant.

Les bêtes sont épargnées par le virus et les oiseaux donnent leur chant dans nos rues désertes.

À Ninive, l’appel au renoncement est monté du peuple au roi qui l’a intensifié et généralisé. Pourquoi donc les bêtes aussi à Ninive ? Pourquoi le roi a eu besoin d’entraîner les bêtes en repentance ? N’était-ce pas un abus de pouvoir de la part du roi voulant être plus divin que Dieu ? Ou simple principe de précaution ?

En tous cas, à Ninive, l’appel à vigilance et renoncement est monté… ici chez nous, il est « descendu »… Le gouvernement a dû fermement imposé à chacun.e d’être responsable de soi pour les autres, à travers les mesures de modération dans la consommation, mesures d’hygiène, de distance et de confinement.

Ici comme à Ninive un état d’urgence mais différemment .

D’abord revenir à l’essentiel et à l’indispensable dont la relation à l’autre… mais cela nous en reprenons conscience que progressivement parce que les agendas et le temps ne sont plus saturés. Le discernement vient et s’impose aussi comme urgence.

Car aujourd’hui l’essentiel et l’indispensable est de (re)penser aux autres, aux fragiles  qui sont prioritaires et (ré)apprendre à renoncer pour laisser faire, laisser agir les services de secours et de soin. Ne pas les entraver. Ne plus les entraver. Ni aujourd’hui. Ni demain.

Pour aujourd’hui et demain, apprendre à renoncer à bien des choses pour que la vie soit possible, à nouveau, mais autrement.

Dans l’histoire de Jonas,  Ninive a été sauvée, et on ne sait pas comment Ninive a agi après avoir poussé un grand « OUF » de soulagement. C’est peut-être à nous, maintenant… d’inventer la suite de l’histoire « pour de vrai » comme disent les enfants.

Et rappelons-nous si le sentiment de culpabilité nous vient, rappelons-nous que la repentance n’est pas une flétrissure mais un rebond, un sursaut… comme à Ninive !

Aujourd’hui, chacun.e est obligé.e, au confinement ou au secours (soins, alimentation, transport…), les responsabilités sont différentes mais complémentaires, nécessaires les unes aux autres.

L’image du corps dans la lettre de Paul aux chrétiens de Corinthe est plus que jamais d’actualité, le chapitre 12 en entier, mais retenons d’abord :

« que toutes les parties du corps s’inquiètent de la même façon les unes des autres » (1 Corinthiens 12, 25) et « si une partie souffre, toutes les autres souffrent avec elle. Si une partie du corps est glorifiée, toutes les autres se réjouissent avec elle » (1 Corinthiens 12, 26)

Relire l’histoire de Jonas, le chapitre 3

Solange Weiss (le 19 mars 2020)

Crédit image: Protein Data Bank: structure cristalline à haute résolution du COVID-19 (2019-nCoV) coronavirus 3CL hydrolase (Mpro)


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