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Bienvenue !

100pour100Une Église, quatre secteurs : sur toute l'agglomération de  Montpellier, vous trouverez près de chez vous une communauté chrétienne avec qui apprendre à vivre de manière libre et responsable.

Devenir adulte  dans la foi : par l’école biblique, le catéchisme, les camps, les études bibliques,  les groupes de maison, le chant, la musique, chacun chemine pour grandir dans la fraternité et la foi.

Passeurs d’espoir : au cœur de la cité, nous nous engageons individuellement et collectivement pour poser des gestes concrets de solidarité.

Entré dans le temple, il se mit à chasser les marchands en leur disant : Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait une caverne de bandits. Il enseignait tous les jours dans le temple. Et les grands prêtres, les scribes et les notables du peuple cherchaient à le faire disparaître ; mais ils ne savaient comment faire, car tout le peuple était suspendu à ses lèvres.

Luc 19, 45-48

denofrobbers20191. Pourquoi Jésus pique-t-il un coup de sang ?

Il n'était pas interdit que les marchands soient là, dans le temple. Au contraire ! Leurs tâches étaient bien utiles, car ils permettaient aux pèlerins venant de loin de changer leur monnaie pour pouvoir ensuite acheter les animaux nécessaires aux sacrifices.

En ce sens, ces marchands ressemblent à ces agents de change que nous trouvons dans l'enceinte d'un aéroport et qui nous dépannent bien lorsque nous arrivons dans un nouveau pays et que nous n'avons pas de monnaie locale pour pouvoir nous acheter le moindre sandwich.

Donc, ces marchands étaient très utiles. Cependant, si Jésus pique un coup de sang, c'est parce que l'activité qui tourne autour d'eux est en train de prendre le pas sur ce qui devait être la fonction première du lieu.

« Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »

Ce que Jésus critique, c'est une dégradation de la fonction du lieu. Le Temple devait être une maison de prière, un lieu où l'on s'éveille à la spiritualité, à tout ce qui est invisible et qui ne s'achète pas.

Or voilà que peu à peu tout un système s'est mis en place dont les marchands ne sont que les agents, car ce système est soutenu et porté par toute une culture, une culture déployée par les responsables religieux du temple, une culture demandée et relayée sans problème par tous les pèlerins arrivant à Jérusalem. Et ce système et cette culture ont pris tellement d'importance qu'ils sont en train de phagocyter la vocation première du lieu.

Au milieu d'une vie trépidante où tout s'achète et se vend, et où l'on travaille d'arrache-pied pour gagner l'argent qui nous permettra d'acheter ce dont nous avons besoin, le temple devait être l'endroit où l'on est éveillé à une autre logique, à la valeur de tout ce qui ne s'achète pas et qui pourtant est essentiel dans la vie. Au lieu qu'il soit une maison où l'on apprend à se poser, à s'apaiser, à goûter et savourer le mystère de la vie, le temple devient un lieu qui entretient la logique où tout se consomme et a un prix. Au lieu que le temple soit une maison qui apprenne à se laisser rejoindre par un amour gratuit, il devient une caverne où dans l'ombre on apprend des ruses et des fourberies de bandits afin de faire encore plus de profits.

2. Ce système mit en place dans le temple rend la pratique de la prière utilitariste et consumériste.

On vient au temple pour être quitte vis à vis d'un devoir religieux sans que cette démarche n'éveille en son âme une saveur qui ne s'achète pas. , développe notre vie intérieure, fasse mûrir notre personnalité, forge notre caractère.

Prenons un exemple. Grâce à l'argent, je peux acheter un livre, mais je ne peux pas acheter du savoir. Pour approfondir mes connaissances, il me faut pratiquer la lecture, c'est à dire qu'il me faut tout simplement lire le livre, il me faut prendre du temps afin d'assimiler phrases après phrases les réflexions de l'auteur. Et si je ne comprends pas ces phrases, il me faut prendre le temps d'échanger avec d'autres personnes qui pourront m'éclairer grâce à leur perception.

Or cette maturation, elle se travaille, elle se cultive, elle s'acquiert, mais elle ne s'achète pas. Cette maturation m'est donnée lorsque je suis placé dans une maisonnée bien particulière, dans tout un réseau de personnes qui m'éveillent à de bonnes pratiques.

bibliotheque2019Ce n'est pas parce que j'ai une immense bibliothèque que je suis nécessairement savant. En ayant une bibliothèque, je pourrai donner l'impression aux autres que je suis savant, j'aurai à portée de main tous les outils pour devenir savant, mais tant que je n'aurai pas lu les livres, tant que je n'aurai pas compris les livres, tant que je n'aurai pas débattu avec d'autres pour discerner ce qui est à garder parmi toutes les réflexions couchées dans ces livres, eh bien je n'aurai pas ce qu'on appelle la maturité de la réflexion.

Or pour acquérir une telle maturité, il ne suffit pas d'aligner les euros sur la table. Pour acquérir une telle maturité, il est bon d'être inscrit dans tout un contexte de bonnes pratiques qui éveille en soi le goût, la saveur de la lecture.

Car c'est en ayant ce goût sur la langue qu'ensuite je pratiquerai la lecture non pas de manière intéressée pour être quitte ou pour gagner quelque chose, mais pour le plaisir que m'apporte cette pratique. Et c'est cela qui me fera évoluer et mûrir !

3. Si Jésus pique un coup de sang, c'est parce que le temple, au lieu de donner envie de s'exercer à une pratique qui fait mûrir notre être intérieure, le temple a été noyauté par un système qui absout à bon compte celui qui y accomplit ses devoirs. Du coup, au lieu d'en ressortir en étant transformé, changé, bousculé, mûri le pèlerin en ressort indemne et conforté dans ses mauvais plis, dans ses vieilles habitudes. Pour renverser cette tendance, il faut que le temple redevienne une maison de prière. La maison, c'est cet espace familier, protecteur, stable où l'on vit ensemble et où l'on apprend grâce à ce compagnonnage les bonnes pratiques, c'est-à-dire les pratiques qui nous font évoluer, mûrir et grandir.

Pour reprendre un terme contemporain, être une maison de prière, c'est être un incubateur, c'est à dire être un contexte porteur qui éveille les personnes aux bonnes pratiques, qui les stimule afin que ces personnes n'en restent pas à une pratique superficielle de la vie spirituelle, mais qu'elles découvrent le goût d'une pratique profonde de la vie spirituelle afin qu'elles mûrissent et s'épanouissent.

4. Ainsi dans ce coup de sang de Jésus, je perçois une attitude salutaire. Celle qui vient sortir toute une maisonnée de sa léthargie. Celle qui vient rappeler que la pratique de la prière ne se résume pas à un vernis, à un commerce dont on ressort quitte.

Parce que Jésus avait une autre saveur sur la langue, il n'a pas pu se résigner à se conformer avec le système qui s'était peu à peu mis en place dans le temple de Jérusalem. Son coup de sang est une piqure visant à éviter que ses contemporains ne se rapetissent, ne s'amoindrissent en croyant que la vie spirituelle se résume au spectacle qu'ils avaient sous leurs yeux.

5. Méditer ce coup de sang de Jésus peut nous aider à sortir d'autres léthargies ! Par exemple, le saviez-vous, aujourd'hui bon nombres de compagnies aériennes nous proposent, une fois que nous avons acheté votre billet d'avion, de calculer l'empreinte carbone de votre voyage. Cependant, pour ne pas nous laisser avec notre culpabilité de pollueur sur les bras, ces compagnies nous proposent également de verser une somme supplémentaire pour neutraliser notre contribution au réchauffement climatique.

avion2019Ainsi, pour un aller retour Montpellier-Paris pour 5 personnes, l'on me propose de compenser mon empreinte carbone en plantant pour la somme de 10 euros, 5 arbres près du lac Itasy à Madagascar.

Cette proposition de compensations part d'une bonne intention. L'idée est la suivante : fixons le prix des dommages que notre consommation d'énergie inflige à la planète. Puis payons individuellement le coût de la réparation de ces dégâts. Assurément, c'est méritoire de réunir les fonds pour financer les projets de reforestation et d'énergie propre dans les pays en cours de développement.

Mais là cette démarche est insidieuse, c'est qu'elle laisse croire qu'une fois que nous avons accompli cette démarche de compensation, nous sommes quitte ! Comme si ces 10 euros nous absolvait de tout autre responsabilité en matière de changement climatique.

Ce que je cherche à pointer ici, c'est que même si cette démarche part d'une bonne intention, elle peut aussi déboucher sur un système qui ressemble hélas beaucoup à celui mis en place par l'église médiévale, le système des indulgences où moyennant argent on pouvait être absous sans avoir besoin de changer de comportement.

Ce « commerce » autour des compensations carbones peut tout à fait devenir un mécanisme d'achat indolore qui finalement nous donne bonne conscience et nous dispense de procéder aux modifications plus fondamentales de nos habitudes. Là aussi, le risque est de dégrader l'intention première d'une pratique. Au lieu de nous faire évoluer et mûrir, cette pratique nous endort et nous conforte dans nos mauvais plis.

6. Face à ce système qui se met en place, puissions-nous les uns avec les autres, les uns grâce aux autres, devenir une maison de prière, un incubateur où la spiritualité n'est pas un vernis, mais un aiguillon qui titille en nous le goût pour tout ce qui ne s'achète pas.

Amen

Luc-Olivier Bosset (Cournonerral, le 26 mai 2019)

 

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