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pentecote200x200La force du Saint-Esprit : une méditation par José Matumuendi Kiendi.

La Pentecôte, jadis fête juive, est aujourd’hui l’une des grandes fêtes du christianisme. Elle est prévue dans le calendrier liturgique chrétien. Aussi, est-elle célébrée chaque année cinquante jours après la fête de pâques. Quel message cette fête véhicule-t-elle aujourd’hui pour l’édification de l’Eglise, Corps du Christ ? Sa célébration se limite-t-elle à sa portée historique ? Quelle nouveauté cette célébration peut-elle apporter pour l’édification des disciples du Christ aujourd’hui?


Le premier verset des Actes 2,1-26 inscrit cette fête dans le contexte de la tradition juive. Au jour de cette fête, les fidèles se retrouvent pour exprimer leur reconnaissance au Seigneur Dieu pour le don de la loi qu’ils ont reçu du Seigneur Dieu. Cette loi, témoignage de l’amour du Seigneur Dieu, a forgé le comportement identitaire de ces fidèles. Ainsi, par l’obéissance non contraignante, ce peuple se présente devant le Seigneur avec son offrande pour le glorifier et l’adorer. Dans ce sens, la pentecôte chrétienne s’inscrit dans une logique de la continuité de cette tradition. Ainsi, la pentecôte chrétienne se veut aussi une fête de reconnaissance au Seigneur Dieu pour le don du Saint-Esprit, le paraclet venu du Seigneur Dieu, celui qui inscrit la loi de Dieu dans le coeur de tous ceux qui ont Christ comme Seigneur et Sauveur de leur vie.

Par ailleurs, l’on doit noter que le texte des Actes 2,1-26 offre une ouverture interprétative dans une perspective du dépassement de la tradition juive. Dans la foi chrétienne, cette donne de la discontinuité ou de la transcendance de la loi juive, donne une nouvelle connotation à la fête de Pentecôte. Elle est la fête de la commémoration de la nouvelle ère, celle de l’Eglise, avec l’accomplissement de la double promesse : prophétie de Joël (Joël 2,28-32) et celle de Jésus-Christ (le paraclet, Actes 1,8 ; Jean 14,15-31). Ainsi, la Pentecôte chrétienne se comprend comme la fête de l’effusion de l’Esprit-Saint sur toute chaire. La loi physique (table de la loi) est dorénavant inscrite dans le coeur du disciple par l’action du Saint-Esprit. La nouveauté qu’elle induit est celle de la rencontre du Seigneur Dieu avec son peuple par la dotation de tout humain, croyant en Jésus-Christ, de l’Esprit du Seigneur Dieu. Dans ce profil, tout humain, qui croit au Seigneur Jésus, devient l’habitacle de son Esprit, selon la prophétie de Joël 2,28-32 et de la promesse de Jésus, le Christ.

duifLa limitation et l’esprit dubitatif de l’humain sont alors transcendés par la puissance du Saint-Esprit. L’événement décrit dans le texte des Actes des apôtres 2,1-26, sans être normatif, rend compte de la réalité de cette rencontre : la prédication de Pierre, l’interrogation (« que ferons-nous ?») et la conversion de ceux qui l’ont entendue, et le nouveau type de comportement, comme lieu de recherche de la spiritualité (la persévérance dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières, ainsi que les miracles par le biais des apôtres (qui restent toute fois dans les généralités).

Il est normal qu’au cours de la célébration de cette fête, chacun s’interroge sur l’incidence de sa rencontre avec la parole transformatrice, celle qui se dit sous l’onction du Saint-Esprit. Il est aussi certain que l’ouverture de chacun à l’Esprit du Seigneur ne réoriente pas sa vie (dans sa relation avec le Seigneur et dans sa relation avec les autres). Est-ce que ces miracles étaient-ils programmés par les apôtres?. Le texte ne dit rien dans ce sens, et nous ne le pensons pas. Ce qui ressort clairement dans ce texte, c’est la place centrale qu’occupe l’enseignement de la parole de Dieu, la conversion (la croissance de l’Eglise par l’action du Seigneur Dieu. Cette perception marque la distance que les apôtres manifestent pour ne pas ravir la gloire qui revient au Seigneur : c’est la marque de l’humilité qui s’exprime en toute personne qui se laisse conduire par l’Esprit), et la dimension sociale et humanitaire du changement de vie en Christ.

Dans ce profil, la narration de ce texte fait apparaître quatre profils de faits observables de la conversion de ceux qui ont cru : l’enseignement, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière. Ces profils dans la praxis de la foi, se comportent comme les degrés de liberté de mouvement de la spiritualité en Christ. Le fait pertinent de cette nouvelle donne de vie, est son incidence sociale et humanitaire dans le comportement observable de la communauté. L’auteur de ce texte rapporte : « Tous ceux qui avaient cru étaient ensemble et avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, ils en partageaient le produit selon le besoin de chacun.» Le contexte de notre temps ne permet pas l’imitation à la lettre de cet agir.

Cependant, on ne peut nier le souci social et humanitaire de vivre et de solutionner la question du manque qui se pose aussi à nous avec acuité. Comment donc faire pour que le vivre ensemble ne souffre pas de manque, et que la joie et la simplicité du coeur soient toujours présentes dans nos communautés en Christ ? Qu’est-ce que chacun peut mettre au service des autres comme talent, comme biens, etc., pour que le vivre ensemble soit dans la joie et la simplicité de coeur ? Comme individu, qu’est-ce que chacun a à partager pour que l’autre ne souffre pas de manque ? Quel comportement favoriserait la non exploitation des uns par les autres? Si l’on tient compte de la finitude humaine, qu’est-ce que chacun reconnaitrait en lui, comme potentialité par la grâce de Dieu, afin de le mettre au service des autres ? Comme communauté, selon la grâce de Dieu, qu’est-ce que nous avons comme potentialité que l’on peut offrir à ceux qui sont dans les besoins ? Que l’Esprit du Seigneur par sa symbolique du feu et du vent accorde sa grâce à notre finitude, pour que nous vivions ensemble dans la joie, la simplicité du coeur et la participation à combler le manque des uns et des autres. Telle est la vie par l’amour de Dieu. À ceci tous connaîtrons que nous sommes les disciples du Christ.

Pasteur José Matumuendi Kiendi (Église Évangélique du Congo, Professeur de Théologie Pratique à la Faculté de Théologie de l’Université Protestante de Brazzaville).


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