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"Ils parleront des langues nouvelles…"

 

Est-ce le froid qui les pousse à venir de plus en plus nombreux nous visiter les dimanches matin de si bonne heure au préau de Babel Café ? Le fait est qu'ils arrivent de toutes parts, qu'ils sont de tous les âges et de toutes conditions.

Qu'y a-t-il de commun entre ce couple touchant d'encore adolescents, Anastasia et Fred, récents arrivés du Var, dormant sur le plancher de la Croix-Rouge et Patrice, patriarche échappé de la Bible, poussant un lit d'enfant en guise de poussette ? Entre le jeune Colombien Jaïro et Adrian le vieux Roumain, parrain d'un couple et de leur petit Joseph-David, venant tout droit de Timisoara "où beaucoup protestants !" ? Entre ce couple âgé Arménien, Aïda et Samuel, ancien commando au Nakitchevan et Saülas, le jeune routard Lithuanien ?

Sans aucun doute le poids de l'histoire vécue au pays, la pénurie et les aléas d'un présent douloureux et un avenir problématique, soumis à une conjoncture économique mondiale critique.

Pour les accueillir Babel-Café de l'Entraide a mobilisé ses bénévoles, de plus en plus nombreux aussi, tous motivés, généreux, joyeux de servir, persévérants et modestes. Au-delà des plateaux appétissants alignés sur le long comptoir, des croissants chauds, des sandwiches beurrés de frais, des œufs et de pièces de poulet rôti, des salades de fruits maison, des yaourts à boire ou à manger, tout cela placé en équilibre incertain sur l'assiette en carton dans une main et des gobelets de café ou de chocolat dans l'autre, au-delà donc des vivres (sic), ce sont les échanges qui nourrissent beaucoup d'entre eux et d'entre nous !

Demandes de nouvelles, poignées de main chaleureuses, souvenir des prénoms des habitués comme des nôtres, regards et sourires sont la véritable source à laquelle tous, accueillants et accueillis, s'abreuvent.

La cour du vieux Temple est l'espace magique où, en seulement 120 minutes, chaque dimanche se croisent, se saluent, se parlent et s'aident 170 humains. Car, en dépit de tout, la communication et l'échange ont lieu : Adibé, médecin réfugiée de Syrie aide, grâce à sa connaissance de l'arabe les maghrébins et à son savoir de russe, le couple d'Arméniens. Chantal, la doctorante brésilienne converse avec les Espagnols de passage et Antonio le Portugais. Alexandra, interprète de roumain au tribunal est médiatrice avec les familles Roms, devenues fidèles. Au total, ce jour là nous pouvions accueillir 18 langues.

Tous les acteurs de Babel-Café sont porteurs de paroles de soutien et d'espoir. Tous et toutes sont disponibles, illustration vivante du tag qui surmonte le comptoir et que Gabriel, le Vénézuélien, lit avec lenteur "Viens chez moi t'asseoir, prendre du pain et te réjouir" qu'on a tiré d'un Psaume.

C'est Daniel, un habitué discret et solitaire qui nous confie sa philosophie : "Le bonheur ne s'obtient que par la souffrance; la vraie misère est dans les esprits". Ce sont de tels mots partagés qui, un bref instant, font oublier celle-ci et entretiennent l'espérance.

 

"Que chacun soit prompt à écouter, lent à parler." Jc. 1, 19.

 

 


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